Colloque International sur Kateb YACINE: LES ÉTUDES KATEBIENNES Une esthétique de la modernité et une épistémologie les 27 et 28 octobre 2014

27 Octobre 2014

Les romans de Kateb Yacine – Nedjma et Le Polygone étoilé – seront l’objet du colloque international organisé par le département des Lettres et Langue Française de l’université de Guelma, les 27 et 28 octobre 2014.

Ces deux romans sont parmi les textes les plus avant-gardistes de la littérature algérienne depuis près de soixante dix ans. Ils ont renouvelé l’esthétique romanesque par une écriture fragmentaire qui est leur marque, inégalée à ce jour. Tournant résolument le dos à l’achevé, le clos, le totalement construit, le roman de Kateb Yacine a privilégié l’inachèvement du sens, de l’histoire et l’ouverture de possibles.

Si on affirme que Nedjma et Le Polygone étoilé constituent ces textes phares dans la littérature algérienne d’une modernité esthétique, il nous faudra mettre en valeur ces innovations : comment empruntent-elles des « techniques » et comment les transforment-elles en formes innovantes, c’est-à-dire comment se fait le travail d’appropriation et de transformation et sur quels matériaux ?

Ces innovations ont été obstacles et aimants de lecture : comment alors ont-ils été lus et sont-ils lus aujourd’hui ? Cette écriture fragmentaire, centre même de l’innovation esthétique, a-t-elle été porteuse pour les lecteurs particulièrement impliqués par une nouvelle création que sont les écrivains postérieurs ? Nous souhaitons donc poser la question de la lecture et de la relecture des romans de Kateb Yacine qui embrasse celle de son écriture et de ses réécritures.

La fragmentation, rupture de la linéarité, se présente comme ce « lieu » où se joue l’histoire d’une crise du sujet dont le fragmentaire permet l’expression d’une subjectivité. Jacqueline Arnaud, dans Le Cas Kateb, constate à quelle point la trame romanesque du roman est faite de « ruptures » qui, différemment de l'esthétique du roman français de l'époque, lui donne cette organisation en fragments, car, son écriture est celle d’un « homme qui cherche à se délivrer d’obsessions personnelles.»

Lire ces romans, re-cerner et repenser leur esthétique conduit à poser la question de la modernité de l’écriture romanesque de Kateb Yacine. Ces romans, écrits par spasmes, par allers retours en saccades, construits avec des loques comme des morceaux de jarre cassée, comme des ruines d’une architecture millénaire à reconstruire posent encore, aujourd’hui, ici et maintenant, la question du sujet de l’écriture. Le sujet du roman serait-il moins un dédale kafkaïen qu’un cercle vicieux, illustré part Nedjma, et le Polygone étoilé ?

plus d’infos.